Covid-19 : augmenter la confiance pour diminuer l’anxiété !

Frontière fermée, suspension progressive des vols, des écoles qui se préparent à de longues fermetures, quarantaine pour une vaste majorité de la population ; cette nouvelle réalité aux allures apocalyptiques relève de la science-fiction… et pourtant ! L’anxiété et la panique gagnent de plus en plus de gens, et pour cause. Comment garder la tête froide et inverser la vapeur pour le bien collectif ? Pistes de réflexion avec Nathalie Parent, psychologue. 

Concentrer ses énergies à contrôler les choses qui dépendent de soi

La situation actuelle nous place dans un sentiment d’impuissance et de non-contrôle face à l’inconnu, ce qui contribue à augmenter l’anxiété. Il est tout à fait normal dans le contexte actuel de ressentir de la peur et du stress. Ces deux émotions nous aident à affronter la vie, mais il faut savoir les doser pour protéger notre santé physique et psychologique. 

Voici 12 choses que vous contrôlez maintenant :

1— Pratiquer les mesures de prévention et de contrôle recommandées par l’Institut national de santé publique du Québec

2 — Diminuer les contacts avec les personnes ou les médias qui transmettent des informations à caractère dramatique ou alarmiste.

3 — Reconnaître les expressions qui augmentent la peur et les remplacer par des expressions réalistes. Par exemple, au lieu de dire : « c’est une situation grave », on peut relativiser et s’appuyer sur des faits : « c’est une situation qui préoccupe les autorités sanitaires qui veulent être en mesure d’offrir les services nécessaires aux personnes qui en auront besoin ».

4 — Faire parler notre petite voix intérieure qui peut relativiser et prendre de la distance avec l’émotion de peur en se ramenant au moment présent et se demander : « qu’est-ce que je peux faire maintenant ? » Par exemple: je peux mieux respirer pour m’apaiser, je peux aller prendre l’air pour me changer les idées ou regarder des vidéos humoristiques.

5 — S’informer sur des sites reconnus qui contiennent des informations scientifiques pour comprendre puisque comprendre aide à apaiser le cerveau émotionnel.

6 — Regarder les statistiques de façon réaliste et positive. Par exemple : il y a eu X nombre de personnes atteintes, ce qui veut dire qu’il y eu X nombre de personnes non atteintes et de guéries.

7 — Se dire que ce n’est pas parce que je suis en contact avec le virus que je vais l’attraper ni même le développer. 

8 — Prendre des pauses de l’information en continu sur l’évolution de la situation afin d’avoir du plaisir. Le rire et le plaisir sont de puissants facteurs de protection du point de vue physique et psychologique.

9 — Se donner du temps pour s’adapter à un rythme de vie différent et à la réalité actuelle. Lorsque l’on cesse un rythme de vie rapide pour se reposer ou pour ne rien faire, cela peut provoquer un peu d’angoisse. Essayez de tolérer ces états émotifs désagréables qui ne dureront qu’un temps.

10 — Se rappeler que nous ne connaissons pas les détails biopsychosociaux (la santé physique, la santé psychologique, la génétique et l’aspect social) de ceux qui ont contracté la maladie ni même de ceux qui en sont décédés. 

11 — Croire et s’alimenter d’espoir pour favoriser la confiance et la résilience. Par exemple : lire des articles encourageants comme ceux portant sur la situation qui s’améliore en Chine. 

12 — Avoir confiance en nos processus de guérison en s’appuyant sur nos expériences antérieures.

Les études en psychosomatique et sur l’effet placebo démontrent que l’état émotif d’une personne peut causer des déséquilibres physiologiques et avoir des impacts sur le développement de maladies. (voir référence en bas de page) 

Or, ce qui aide à diminuer l’anxiété et à augmenter la confiance, c’est le sentiment d’avoir un certain contrôle sur la situation… et en soi ! Donc, cherchez ce sur quoi vous avez du contrôle.

Pour le bien de tous, essayons au mieux de gérer nos angoisses alarmistes et catastrophiques et tentons de communiquer l’espoir et la confiance autour de nous avec un esprit réaliste.

 

Texte écrit par Nathalie Parent, psychologue, autrice et formatrice en collaboration avec Marie-Claude Veillette

 

1. Parent, N. 2019. La communication interpersonnelle en santé. Habiletés et attitudes essentielles pour favoriser un processus de guérison. Presses de l’Université Laval.

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